Soumaine Rahama

Avec Mondoblog de RFI, ma passion pour le journalisme se réalise

Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours eu une passion pour l’écriture et un intérêt profond pour l’information radio. Les reportages, interviews et la rédaction des nouvelles m’ont toujours fasciné. Mais mon rêve de devenir journaliste ne pouvait pas se réaliser pour des raisons financières. Jusqu’à ce que je croise la route de Mondoblog.

Crédit : Iwaria

Le journalisme, une passion d’enfance

J’étais tellement fasciné par les présentateurs du journal de l’Office National de Radio et de Télévision du Tchad (ONRTV), Radio France Internationale (RFI) et BBC Afrique. Je me rappelle de ce temps, très tôt le matin, où ma mère nous préparait le thé matinal. J’étais à ses côtés, avec notre radio à quatre piles, je faufulais sur la bande de la radio pour fixer la fréquence de la radio RNT. La famille voulait savoir ce qui se passe à l’intérieur du pays. Dès lors, j’avais trouvé de l’inspiration au métier de journaliste.

Un rêve brisé

Quand j’étais au lycée, cette passion était toujours vivante. Je me disais que, quand j’obtiendrai mon baccalauréat, j’opterais pour le journalisme et deviendrais un journaliste au service de ma société.

C’est ainsi que j’ai grandi avec l’envie de devenir journaliste, de pouvoir partager des histoires, de porter des voix marginalisées et d’apporter une perspective différente sur les événements qui façonnent notre société. Mais, après mon obtention du baccalauréat, tout a changé subitement. La réalité de la vie peut briser facilement nos rêves.

Comme je suis d’une famille de la classe moyenne, pour ne pas dire pauvre, la famille n’a pas les moyens nécessaires pour m’envoyer à l’extérieur du pays pour faire des études supérieures en journalisme. Alors, mon rêve de devenir journaliste tombe à l’eau à cause de la situation financière de ma famille. Un rêve devenu utopie. C’est impossible pour moi, vu la situation financière de ma famille. J’ai du tourner la page et mon rêve s’est brisé.

Avec le Mondoblog, l’espoir renaît

Le chemin vers cette carrière n’a pas toujours été évident, jusqu’à ce que Mondoblog de Radio France Internationale (RFI) croise ma route. Un jour vers 13 heures (heures locales), je suivais à la radio RFI l’annonce du concours de Mondoblog RFI pour la promotion de l’année 2021. Et ensuite, en surfant sur le réseau social Facebook, par le biais d’un ami, je suis tombé sur le lien de candidature et j’ai décidé de postuler. Malheureusement, cette année-là, j’ai raté la sélection.

Crédit : Capture d’écran de l’email de l’annonce du résultat de concours de Mondoblog RFI en 2021.

L’intégration au Mondoblog : une porte ouverte vers le journalisme

Et c’est en 2022 que, sans même l’aide de qui que ce soit, ma candidature a pu retenir l’attention du jury. J’ai reçu l’e-mail de confirmation de ma sélection. J’étais tellement content du résultat et de mon travail acharné.

Intégrer Mondoblog a été un véritable aventure de nouvelle vie de blogueur. Non seulement cela m’a permis de publier mes articles, mais cela m’a aussi offert une formation continue avec des journalistes chevronnés de RFI.

J’ai appris à affiner mon style d’écriture, à vérifier mes sources et à traiter l’information avec rigueur et impartialité. Mondoblog m’a également donné l’occasion d’être en contact avec d’autres blogueurs talentueux du pays comme Moussé Tahir, Ali Abdelkader Foulaty, Mahmoud Sabir et Amine Badjoury Abbanou et aussi d’intégrer l’association des blogueurs du Tchad.

Les sujets sur lesquels j’écris varient, allant des problématiques sociales de mon pays aux questions environnementales qui touchent notre planète. Chaque article publié sur Mondoblog me rapproche un peu plus de mon rêve de devenir journaliste. Je commence à comprendre l’impact que mes mots peuvent avoir et l’importance de la responsabilité journalistique.

Grâce à Mondoblog de RFI, mon rêve d’enfance, ma passion se réalise. Je suis conscient que le chemin est encore long et parsemé de défis. Mais avec la formation, le soutien et les opportunités offerts par Mondoblog, je suis convaincu que je suis sur la bonne voie.

Cette plateforme a non seulement réalisé mon rêve, mais elle a aussi façonné la personne que je suis aujourd’hui. Écrire n’est plus un obstacle pour moi et cette plateforme m’offert l’opportunité de viser plus loin et faire entendre ma voix.

À l’occasion de la journée mondiale du blog, je dédie à cet article à tous ceux qui aspirent au journalisme mais qui n’ont pas encore pu réaliser ce rêve à cause de leurs circonstances de vie.


Inondations au Tchad : des pluies torrentielles frappent le pays

Les inondations au Tchad sont un problème récurrent qui affecte de nombreuses provinces du pays pendant la saison des pluies, en particulier au mois d’août.

Ces inondations sont souvent causées par de fortes précipitations qui entraînent le débordement des rivières, des canaux, des fleuves et des lacs ainsi que par une infrastructure de drainage insuffisante. Cependant, elles sont devenues des phénomènes récurrents qui menacent les populations de la ville de N’Djamena et de certaines provinces du pays.

Tchad : N’Djamena sous les eaux. Crédit TV5 MONDE.

En 2022, le Tchad avait connu des inondations pluviales et fluviales sans précédent. Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires, plus de 1,3 million de personnes ont été affectées par des inondations dans 19 des 23 provinces.

La situation est catastrophique dans certaines provinces

On trouve sur Internet des photos d’inondations où des rues sont envahies par l’eau, des maisons sont détruites, des personnes sont déplacées. En ce mois d’août, le Tchad a été confronté à des précipitations intenses qui ont ravagé tout le pays, provoquant d’importants dommages matériels et humains. Effectivement, dans la province du Tibesti, au nord du pays, nous avons observé que des individus sont emportés par une répression intense grâce à des images et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, emportant tout ce qui se trouve sur leur chemin. Ces pluies torrentielles ont causé la mort de 66 personnes et d’énormes dégâts matériels.

TCHAD : DÉLUGE DANS LE TIBESTI, 5 JOURS ET NUITS DE PLUIE.

Cette année, les pluies torrentielles ont frappé un peu partout dans l’ensemble du territoire, à l’ouest, au sud et au centre du Tchad, y compris la capitale N’Djamena qui subit énormément de dégâts. Elles ont donné lieu à 29 alertes qui sont en train d’être évaluées par les partenaires humanitaires et gouvernementaux. Les alertes préliminaires estiment que plus de 6 300 personnes ont été affectées par les inondations.

Dans le centre du pays, les provinces du Batha, du Guera et du Salamat ne sont pas non plus épargnées par les pluies torrentielles. Une pluie de 127 mm s’est abattue sur la ville d’Ati, la population locale affirme ne pas avoir vu une telle pluie depuis plus 60 ans. Des villages envahis, des rues englouties, des maisons détruites, la saison des pluies a causé d’énormes dégâts fragilisant les moyens de subsistance des populations locales.

Inondations : plusieurs provinces du Tchad subissent des inondations. / Crédit : MRTV

Risques de maladies hydriques

En raison de la stagnation de l’eau et de la prolifération des moustiques, ces inondations entraîneront une augmentation des maladies hydriques, telles que le choléra et le paludisme, dans de nombreuses provinces du pays.

Des mesures prises pour assister les sinistrés

Le gouvernement tchadien, à travers le ministre de l’Action sociale et des actions humanitaires, avec l’aide des organisations internationales et non gouvernementales. Il travaille souvent à fournir des secours d’urgence. Dans les provinces les plus touchées (Sila et N’Djamena), des aides telles que des abris temporaires, de la nourriture et des soins médicaux sont fournis aux personnes touchées.

Assistance aux victimes d’inondations dans la province du Mandoul.

Il est mis sur pied un comité national de prévention et de gestion des inondations. Elle a pour mission la sensibilisation aux risques d’inondations et l’assistance alimentaire et en abri aux sinistrés.

Cependant, les défis logistiques et le manque de ressources limitent parfois l’efficacité de ces efforts de secours.


Tchad : La ville de Mao s’écroule

Depuis quelques jours, la ville de Mao, chef-lieu de la province du Kenam au Tchad, fait face à une érosion accélérée causée par divers facteurs climatiques et humains, ce qui a entraîné la formation de ravins inimaginables.

La ville de Mao se caractérise par un climat sahélien, avec des précipitations faibles et irrégulières, réparties sur une saison des pluies courtes. Le sol de cette ville est essentiellement sableux et argileux, ce qui la rend très sensible à l’érosion. L’absence de couverture végétale dense, due au climat aride, accentue cette vulnérabilité et favorise la formation de ravins lors des précipitations très fortes.

Trop dangereux pour vivre dans un tel endroit ?

Presque tous les 46 quartiers de la ville de Mao sont touchés par ce ravin de 10 mètres de profondeur. Les foyers délogés, les rues désertées, les résidents de la ville de Mao sont de plus en plus préoccupés par ce phénomène naturel et les répercussions du réchauffement climatique qui, chaque année, provoque un changement climatique qui entraîne une expansion rapide du désert et des inondations…

Lorsque les arbres ne sont pas présents pour absorber la pluie, les gouttes d’eau délogent les particules du sol et l’eau s’accumule à la surface, ce qui entraîne la formation de cours d’eau qui usent également le sol. Cela peut facilement créer des ravins qui peuvent également engendrer de graves dommages.

Que peut-on faire ?

La grande ville historique de la province du Kanem, Mao, se trouve au pied de la colline entourée par six ouadis. Elle présente de graves problèmes en cas d’inondation, car elle ne dispose pas des infrastructures nécessaires (canaux de drainage et stations de pompage) pour le drainage des eaux de pluie.

En plus de cela, il y a l’absence d’un plan local d’urbanisme afin de concilier les zones habitées et de mieux repérer les zones à risque. Tous ces facteurs rendent la ville de plus en plus exposée à une telle possibilité.

Lors de ce phénomène, le Ministre des infrastructures a procédé à une visite pour évaluer les dommages et de trouver une solution durable afin de faire face à la population à cette perturbation. C’est pourquoi un cabinet d’études a été mis en place pour identifier les solutions pour éviter que tel événement ne se reproduise bientôt.


Tchad, terre d’hospitalité

Le Tchad est et a toujours été une terre d’accueil chaleureuse où l’hospitalité est une valeur essentielle. Le pays a pris des engagements fort lors du Forum Mondial des réfugiés en décembre 2019 pour assurer accueil et protection aux réfugiés présents sur son sol. Engagements pris et respectés : aujourd’hui, le Tchad accueille près de 600.000 réfugiés et demandeurs d’asile, ce qui représente plus de 3% de la population tchadienne.

Solidarité tchadienne aux réfugiés

Les réfugiés accueillis par le Tchad viennent naturellement des pays voisins : le Nigéria, le Cameroun, la Centrafrique et le Soudan. Ces quatre pays connaissent des crises politiques qui créent de grands mouvements de population dans leur frontières avec le Tchad. Le pays a marqué sa solidarité mainte fois avec les réfugiés de ces pays, il continue de le faire malgré un afflux de plus en plus important qui complique leur accueil (notament à l’Est, côté Soudan, à nouveau en crise depuis quelques mois).

https://twitter.com/RFI/status/1691354802419318784?s=20

Ailleurs, d’autres crises plus anciennes perdurent. Au Nigéria les familles fuyent la terreur du terrorisme dû au mouvement islamiste Boko Haram.

https://www.dailymotion.com/video/x50sktq

Les réfugiés camerounais fuyent des conflits intercommunautaires fréquents surtout dans le nord du pays. Ils se retrouvent nombreux, désemparés, dans des camps de réfugiés.

Quant aux réfugiés centrafricains, ils fuient une crise politique qui s’enlise depuis des années : les conflits et affrontements entre groupes armés pour le contrôle des ressources et des territoires se sont multipliés depuis 2013, date du renversement du régime du président François Bozizé par la Séléka, une coalition venue du Nord-Est du pays.

A ces nombreux réfugiés, le Tchad exprime sa solidarité.

Et n’oublions pas la situation de crise au Soudan, autre pays voisin du Tchad, où des affrontements ont éclaté au printemps à Khartoum qui s’étalent maintenant sur l’ensemble de presque tout territoire soudanais. L’armée régulière et les paramilitaires soudanais s’affrontent depuis plus de quatre mois, des milliers d’habitants fuient les combats et attendent une aide humanitaire qui peine à répondre à tous les besoins. Ce conflit oppose deux puissants généraux à la conquête du pouvoir, Abdel Fattah Albourhan, qui conduit l’armée soudanaise, et Mohamed Ahmat Daglo (alias Himetti) qui dirige la force paramilitaire FSR (Forces de soutien rapide).

Depuis lors, une marée de personnes sont en déplacement, fuyant les affrontements armés qui sont de plus en plus violents, en laissant derrière eux tous leurs biens pour sauver leurs têtes. Ils arrivent totalement démunis au Tchad, pays de toumaï, et survivent dans des camps.

La situation des réfugiés est chiffrée

La situation des réfugiés au Tchad est bien connue, elle est chiffrée : selon les données de HCR, le Tchad accueille aujourd’hui environ 588 770 réfugiés. Parmi eux 409 819 Soudanais fuyant le conflit au Darfour avant mars 2023. On compte aussi 127 846 réfugiés de la République centrafricaine, 21 287 Nigérians fuyant les violences de Boko Haram dans la région du lac, 28 311 Camerounais affectés par des tensions intercommunautaires et 1 507 réfugiés d’autres nations.

Les réfugiés soudanais sont majoritairement des femmes et des enfants. Ils cherchent refuges dans les trois provinces de l’Est du Tchad, à savoir le Wadi Fira, Sila et le Ouaddai, qui sont maintenant confrontés à de nouveaux besoins et défis.

Situation alarmate du Tchad

Actuellement, plus 2000 personnes franchissent chaque jour la frontière tchadienne à la recherche de sécurité. Ces personnes foulent une terre nouvelle en étant totalement démunies : elles sont sans abri et n’ont rien à boire ni à manger. Les réfugiés se retrouvent donc dans des conditions humanitaires très difficiles.

À la frontière soudanaise, les réfugiés prennent d’assaut les camions du HCR qui les transporteront vers la ville d’Adré, loin des horreurs de la guerre. © Carol Valade/RFI

Le gouvernement du Tchad leur ouvre les bras pour les accueillir malgré une situation sur place déjà compliquée : la population dans l’est du pays est très pauvre et vit dans l’indigence. L’insécurité alimentaire est un problème majeur. Au Tchad 5,3 millions de personnes (dont 51% de femmes) souffrent d’insécurité alimentaire selon les résultats des analyses du cadre Harmonisé et l’enquête SMART de 20 janvier 2022 , et dans certaines régions, les populations souffrent de malnutrition aigüe (selon les hiffres de enquête SMART, cela concerne 1,5 millions de personnes).

De plus, les provinces d’accueil des réfugiés soudanais (Wadi Fira, Sila et Ouaddai, situées à l’Est du pays) sont des zones grandes vulnérabilité à cause du climat subaride mais aussi à cause de l’insécurité grandissante liée au conflit intercommunautaire dans l’Est du Tchad.

Les conditions dans lesquelles se retrouvent ces refugiés sont donc extrêmement précaires à tout point de vue, y compris sanitaire : l’hôpital de la ville d’Adré, une ville frontalière avec le soudan, est totalement submergé par les réfugiés.

La situation est donc vraiment difficile au Tchad, non seulement pour les populations très pauvres mais aussi pour les réfugiés, parfois désespérés. Le pays réagit au mieux pour faire face à l’urgence, malgré une très grande précarité.


Tchad: le système éducatif au bord du gouffre ?

Au Tchad, les difficultés économiques et la mauvaise gouvernance ont conduit l’Etat à des situations de plus en plus difficiles paralysant son système éducatif. La qualité et l’efficience du système éducatif régressent, les infrastructures scolaires se dégradent à un rytme effreiné et le personnel est moins qualifié. Comment faire face à la dégradation générale du système éducatif tchadien ? Comment pourrions-nous sauver la génération future en vue de lui réserver une vie épanouissante, sachant que l’éducation reste le seul attribut qui peut changer positivement le monde.

C’est ainsi que le célèbre leader Nelson Mandela affirmait que :

L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer monde

Nelson Mandela
Salle de classe – Crédit AMISOM via Iwaria

L’importance d’une éducation de base pour les populations

Le Tchad est un pays de l’Afrique centrale, il couvre une superficie de 1.284.000 Km2 pour une population d’environ 16 millions d’habitants en 2016 d’après les projections de l’Institut National de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques (INSEED). Le niveau éducatif est relativement bas car plus des trois quarts de la population est analphabète. Sur le plan démographique, la proportion des enfants et des jeunes, potentiels demandeurs d’éducation, ne cesse d’augmenter au fil des ans. En effet, la proportion des enfants de moins de 15 ans est passée de 45,6% en 1964 à 48,1% en 1993.

On le sait, l’éducation constitue l’un des attributs les plus importants de la population parce-qu’elle détermine pratiquement tous les aspects de la vie des individus. C’est la raison pour laquelle il existe de nos jours un consensus mondial sur l’importance de l’éducation, particulièrement l’éducation de base (accroître l’accès à l’enseignement primaire tout en ciblant également la qualité de l’enseignement pour la lecture, l’écriture et le calcul). L’éducation de base est vue comme un préalable pour les pays en développement, car elle permet de répondre aux nombreux défis auxquels ils font face. Elle est à la fois un moteur de développement économique, un facteur de socialisation et de modernisation. L’éducation de base pour toutes les populations représenterait donc un atout énorme pour un pays comme le Tchad.

Les efforts conjugués du gouverment tchadien à l’éducation nationale à travers de nombreux projets

Le Tchad a pris à son compte dans le plan d’action nationale de l’éducation pour tous, les objectifs de Dakar et du Millénaire pour le Développement (8 objectifs clairement définis). Il a aussi adopté la Déclaration de la Politique de Population en 1994, dont l’objectif général n°3 est d’éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des filles et des femmes. A cette occasion, le secteur de l’éducation a fait l’objet de plusieurs réflexions et s’est réformé. Ces reflexions ont abouti à la mise en place de différents projets et programmes, parmi lesquels : l’usage des langues nationales, le projet Education à la Vie Familiale et en Matière de Population (EVF/EMP), le Projet d’Appui à la Réforme du Secteur de l’Education au Tchad (PARSET), la mise en place du Centre National de Curricula (CNC), etc.

Mais aujourd’hui chacun peut constater que tous ces objectifs visés restent loin d’être atteints. les défis à relever sont énormes, le système éducatif tchadien est confronté à de nombreuses difficultés qui entravent son développement.

Enfants en classe – Crédit AMISOM via Iwaria

Le système éducatif tchadien actuel est-il accroupi à terre ?

Le système éducatif tchadien actuel se caractérise par une forte augmentation de l’effectif des élèves, à tous les niveaux. En effet, durant la dernière décennie, les effectifs scolaires ont augmenté dans tous les cycles d’enseignement, à un rythme moyen annuel variable de 8 à 12%, pour ensuite enregistrer une baisse à partir de 2015. Tout de même, cette situation dénote d’une forte demande sociale en éducation.

L’insuffisance des enseignants qualifiés déployés sur l’ensemble du territoire national reste un grand défi pour l’Etat. Dans le Tchad profond, les écoles manquent cruellement d’enseignants. La concentration des enseignants qualifiés dans les grands centres urbains (la ville de N’Djaména et quelques villes du Sud du pays) constituent une faille dans le système éducatif qui entrave à l’épanouissement de la population et freinant l’accès des enfants à leur droit le plus élémentaire.

La forte présence de maîtres communautaires (MC) dans le système éducatif (environ 67% du total des enseignants) qui interviennent dans les écoles publiques et communautaires du primaire constitue un handicap majeur pour l’émergence de l’éducation au Tchad.  Les maîtres communautaires ne répondent pas aux demandes de l’enseignement, ils n’ont pas un niveau adéquat, le niveau est en baisse. Cet aspect est un élément clés de la baisse de la qualité de l’éducation nationale du pays.

La majorité de ces enseignants communautaires gagnent entre 4 à 24 fois moins que leurs homologues de l’Etat, un maître communautaire reçoit généralement 60 000 FCFA par mois, tandis qu’un enseignant du primaire diplômé d’une licence reçoit aux environs de 300 000 FCFA mensuel. L’Etat doit se donner les moyens de ses ambitions pour améliorer le système éducatif du pays, il devrait recruter des instituteurs et des professeurs diplômés pour enseigner tant au primaire qu’au secondaire.

Mais la mauvaise gouvernance a entraîné à un dérapage de pouvoir de l’Etat par certains individus. Parmi les enseignants déployés sur l’ensemble du territoire, certains ne parviennent pas à temps à leurs lieux d’affectations, pour des raisons généralement méconnues. Cela serait aussi l’une des causes de la baisse de niveau éducatif dans l’ensemble du territoire national. D’une façon générale, le niveau d’instruction reste très faible sur l’ensemble du territoire  À peine deux tiers des enfants d’une génération accèdent à l’école depuis une dizaine d’années et environ 45 % des personnes âgées de 6 à 24 ans n’ont pas été scolarisées (chiffres AFD). Le taux d’alphabétisation de la population adulte est de 22,3% au niveau national (45,7% en milieu urbain et 15% en milieu rural), selon les données du recensement général de la population et de l’habitat de 2009.

L’absence d’éducation touche généralement les zones rurales et plus particulièrement les jeunes filles. Selon les dernières données de l’Unesco, près de 57 % des filles âgées de 6 à 15 ans qui sont toujours privées de scolarisation. Ouvrir plus largement l’écoles aux filles et aux populations rurales est aujourd’hui un vrai défi pour le Tchad.

Source : Soumaine Rahama. Les élèves de CM de l’école de centre de Djedaa, chef lieu du département de Ouadi-Rimé (Batha).

L’instabilité politique peut-elle etre un frein à l’harmonisation et à l’amélioration du système éducatif ?

Le Tchad a longtemps fait face à un défi sécuritaire en consacrant ses efforts sur le renforcement des dispositifs militaires et en laissant de côté le système éducatif tchadien dans l’agonie. Par conséquent, les infrastructures scolaires se sont détériorées de plus en plus au fil des ans, au su et au vu de tout le monde, laissant le système éducatif s’écrouler dans un vide total.

La présence des écoles à cycle incomplet dans les communes, les communautés rurales et les villages constitue une source d’abandon pour les enfants, imposer des cycles incomplet empêche aux enfants de poursuivre leurs études jusqu’au primaire et secondaire.

Les écoles manquent de tout. Elles sont de moins en moins équipées, il y a une insuffisance criante de matériel pour les élèves et les enseignants. Ils manquent de tables-bancs, des salles de classes bien aérées, et même parfois des clôtures en béton pour mettre tous les élèves à l’abri de toute éventuelle circonstance. Au final, la conjonction de diverses causes handicapent fortement le fonctionnement du système éducatif tchadien. Cela limite également son offre, de sorte qu’aujourd’hui au moins 400 000 enfants en âge scolaire ne fréquentent pas l’école, soit un taux de plus de 12%.

Face à une démographie galopante, il est essentiel de financer le redressement du système éducatif tchadien

La croissance démographique élevée à laquelle le pays fait face implique d’énormes investissements humains, financiers et matériels pour répondre à la demande d’éducation à venir. Il y a une pression réelle sur les infrastructures scolaires. La taille moyenne par classe et le taux d’encadrement étaient très élevés par rapport aux normes de l’UNESCO

Pour les pays en voie de développement, l’UNESCO recommande 50 élèves par enseignant et par classe. Au Tchad, dans certains chefs-lieux de provinces, les salles de classes contiennent souvent 70 élèves, en revanche dans les zones rurales (les sous-préfectures) il n’y a quasiment pas d’élèves ! Il y a tout au plus une dizaine d’élèves par classe, qui sont assis presqu’à mi-terre. Il y a donc de grandes disparités de situations selon les régions et de nombreux efforts à fournir pour changer cette situation.

Les conditions matérielles de travail des enseignants et des élèves sont tellement dégradées que l’on observe une déperdission importante dans le primaire et le secondaire. Il semble que le contrôle du système éducatif échappe aux pouvoirs publics. On assiste ces dernières années à une prolifération d’établissements privés qui ne respectent ni le programme, ni les instructions officielles. C’est une dérive dangereuse pour l’éducation des jeunes Tchadiens. L’école publique devrait être en mesure d’offrir une éducation de base de qualité, cela empêcherait le système privé, qui n’apporte pas de réponse de qualité, de proliférer.

Dans le souci de palier à ce problème, le gouvernement a tout récemment pris la décision de suspendre pour deux ans la demande d’autorisations de création d’établissements scolaires privés sur l’ensemble du territoire national.

https://twitter.com/alwihdainfo/status/1643251843898699777
La page officielle du Journal en ligne alwihdainfo.com

Espérons que la Tchad parviendra à proposer des solutions concrètes et réalistes pour améliorer son système éducatif qui a grandement besoin d’être reconsidéré et soutenu. C’est une priorité.


D’une éducation boiteuse vers un avenir assombri de la nouvelle génération

« L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde » a déclaré Nelson Mandela. Pour lui l’éducation est l’une des choses les plus importantes pour qu’une société fonctionne, s’améliore et avance. Dans cette optique, il est nécessaire à tout enfant, où qu’il vive, de recevoir une éducation de qualité qui lui permette de se développer et contribuer au développement de son pays.

Dans le but de s’enquérir des conditions d’études des enfants, l’Association des jeunes de Ouadi-Rimé pour le Développement a rendu visite à l’école centre de Djedaa. Pour eux, l’alarme doit être sonnée : l’association a constaté une dégradation inquiétante du milieu d’apprentissage, qu’il soit matériel et humain. Elle émet par la même occasion une réserve sur le sort de l’éducation des enfants, acteurs de la société de demain.

Les élèves de la classe de CP1 de l'école centre de Djedaa.
Les élèves de la classe de CP1 de l’école centre de Djedaa.
Crédit : Soumaine Rahama

Alors, pourquoi l’éducation aille toujours moins de progrès dans les zones semi-urbaines dans notre territoire national ? J’aimerai à travers cet article, relater un témoignage sur l’état de l’éducation des enfants qui étudient dans certaines contrés du Tchad, durant notre passage à l’école de Djedaa.

Des enseignants en sous-effectif

Djedaâ/Ouadi-Rimé est l’une des anciennes sous-préfectures nomade du Tchad. Elle comptait plus 43 176 habitants dont 33 659 sédentaires selon les données du RGPH 2.

L’école centre de Djedaâ a un effectif total d’élèves de 189 répartis comme CP1 109 élèves dont 65 filles, CP2 36 élèves dont 14 filles, CE1 9 élèves dont 5 filles, CE2 4 élèves dont 2 filles, CM1 6 élèves et CM2 4 élèves.

Alors face ce nombre d’élèves, il y a seulement des 2 instituteurs adjoints et 4 maîtres communautaires qui interviennent à volonté quand ils veulent. Ces maîtres communautaires font un travail de bénévolat espérant trouver un jour à l’autre quelques choses mais sachez très bien que pour un père de famille faisant du bénévolat, il serait très difficile pour lui de résister longtemps.

Avec une telle négligence partagée de la part des autorités administratives et les parents d’élèves, quel serait le sort de nouvelle génération ? Le constat est amer et ne donne aucun espoir à la génération future de vivre une vie épanouie brisant le cycle de la pauvreté que notre société fait actuellement face.

Les membres de l'Association des Jeunes de Ouadi Rimé pour le Développement en séance de sensibilisation sur l'importance de l'école.
Les membres de l’Association des Jeunes de Ouadi Rimé pour le Développement en séance de sensibilisation sur l’importance de l’école.
Crédit : Soumaine Rahama

L’éducation à Djedaâ se meurt

Partant du constat que l’éducation est un droit humain, un bien public et une responsabilité collective, les enfants de la commune de Djedaâ avait, depuis de 5 ans, du mal à avoir une éducation de base de bonne qualité.

L’école est presque devenue un lieu mortuaire où il ne fait pas beau vivre, où l’on constate un silence de cimetière à ton arrivé à la devanture de la grande porte de l’école.

Il n’y a, ni le bruit des enfants pendant la récréation, ni encore le cri de chant des enfants de la salle de classe. C’est un silence total qui va frapper à l’oreille et grand espace vidé des enfants pendant la récréation qui va tomber sous tes yeux. C’est vraiment désolant de voir en cette période moderne, un chef-lieu de département négligé.

L’éducation est la base de tout développement, alors nous devrons prendre au sérieux de l’éducation de nos enfants, ils sont l’avenir de ce pays. Cependant L’éducation doit être l’affaire de tout le monde.


La journée mondiale de lutte contre le sida

Secretaire generale de l'hôpital régional d'Ati
Le panel Ali Mahamat Oumar, Secrétaire General de l’hôpital régional d’Ati. Crédit Haroun Abakar Moussa

En prélude de la journée mondiale de lutte contre contre le VIH/Sida célébrée chaque année le 1er décembre, les pairs éducateurs de la direction des activités socioculturelles du centre de lecture et d’animation culturelle d’Ati ont organisé au sein de la salle polyvalente du lycée Acyl Ahmat Akhbach d’Ati, une causerie débat sous le thème comment éviter le VIH/SIDA ? C’était en présence de surveillance de l’hôpital provinciale d’Ati et point focal VIH/SIDA.

QU’EST CE QUE LE SIDA ?

Face aux participants majoritairement jeunes, les panels ont apporté explicitement des éclaircissements sur le syndrome d’immunodéficience acquise. En effet le SIDA est un ensemble de symptômes consécutifs à la destruction de cellules du système immunitaire par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

SYMPTÔMES DE VIH/SIDA

Les personnes vivant avec le VIH peuvent manifester au début de quatre premiers semaines de légers symptômes : de la fièvre, une fatigue générale, des frissons, un mal de gorge, des maux de tête, des douleurs articulaires, des douleurs musculaires, l’enflure de glandes (ganglions lymphatiques)… Les symptômes d’une infection par le VIH peuvent durer quelques jours ou quelques semaines. Ils peuvent disparaître d’eux-mêmes.

LE MODE DE TRANSMISSION

Les panels ont soulevé trois modes transmissions se passent entre les humains :

Par voie sexuelle : celle-ci constitue la voie primordiale de la transmission du virus entre les personnes et elle constitue aussi la voie propagation du virus le plus rapide possible que l’abstinence ne se pratique entre les personnes de sexe différents.

Par voie sanguine : elle concerne particulièrement les objets tranchants infectés et la contamination par voie sanguinaire (lame de rasoir, seringue etc ).

De la mère à l’enfant : la contamination du VIH peut aussi se faire pendant la grossesse et l’allaitement maternel de l’enfant.

Selon les statistiques de L’ONUSIDA, 1,5million de nouvelles infections au VIH, 38,4millions de personnes vivant avec le VIH et 650 mille personnes décédées d’une maladie opportuniste liée au sida en 2021.

Selon les données de l’UNICEF sur l’épidémie de VIH/SIDA, aux environs 110 000 enfants et adolescents (de 0 à  19 ans) sont morts de causes liées au sida en 2021.

Pendant cette période,  310 000 autres enfants et adolescents ont été nouvellement infectés, portant à 2,7 millions  le nombre total de jeunes vivant avec le VIH. 

LE TRAITEMENT PRÉVENTIF DE VIH/SIDA

Des traitements hautement qualifiés peuvent réduire la charge virale du virus et donnent la chance de vivre aisément et longtemps sa vie. En effet, de nos jours, on peut vivre normalement avec le VIH si on prend régulièrement le traitement et faire un suivi régulier et prenant les médicaments prescrits par le médecin.

Personne n’est à l’abri d’une infection par le VIH. Il existe heureusement des mesures de prévention. Les principales stratégies permettant de prévenir une infection à VIH sont :

Le port de préservatifs durant les relations sexuelles (qu’elles soient vaginales, orales ou anales).

Le choix d’un plus petit nombre de partenaires sexuels.

Le refus de réutiliser plusieurs fois des seringues ou d’autres ustensiles servant à l’administration de drogues.

TEST DE DEPISTAGE VOLONTAIRE DE VIH/SIDA

Les pairs éducateurs en opération de test volontaire
Les pairs éducateurs sont en opération de test volontaire des élèves. Crédit: Haroun Abakar Moussa

Cette activité a pris fin par un test de dépistage volontaire et aussi par la distribution de préservatifs aux élèves.


La paix, bien plus qu’un mot ?

« La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement « .

Felix Houphouët Boigny.

Cette affirmation est une philosophie qui nous rappelle de faire de la PAIX est un mode de vie et notre comportement de tous les jours avec les autres.

Credit : pixabay/morning matin levée du soleil.

On a l’habitude de dire que la paix est l’absence de guerre. Le dictionnaire Robert l’a aussi défini comme la situation d’une nation, d’un État qui n’est pas en guerre. Dans cette perspective, la paix semble être limitée à un champ d’action trop restreint.

Si nous jetons un coup d’œil sur le dictionnaire Larousse, nous allons retrouver que la notion de la paix reprend certains sens de valeurs humaines, elle se définit comme l’état de concorde, d’accord entre les citoyens, les groupes sociaux ; l’absence de luttes sociales, de troubles sociaux. Des principes, valeurs et lois viennent d’être établis dans nos sociétés afin que chacun puisse vivre une vie harmonieuse sans compromettre la vie de son semblable.

La paix dans notre mode de vie.

Mais dès nos jours, et surtout dans certains pays d’Afrique prenons par exemple le cas du Tchad, nous nous retrouvons présentement dans une société où les guerres ne font pas usage de l’État mais d’autres fléaux surgissent et mettent en mal le vivre ensemble entre les compatriotes.

Les intérêts personnels, le chômage et la pauvreté ont fragilisé de bon esprit de vivre ensemble de la population et ont entraîné un tiraillement vers de discours de haine et de manipulation où l’on sait pas qui cherche quoi à travers ces paroles qui compromettent le sens des valeurs humaines.

En quoi consistent les valeurs humaines dans votre vie ?

Les valeurs humaines sont les valeurs qui créent le lien à autrui en touchant l’humanité de l’autre à partir de notre propre humanité.

C’est avec ces valeurs humaines qu’il devient réellement possible de mettre en pratique ses valeurs éthiques, telles que la justice, l’intégrité et le refus de la violence. Ce sont ces valeurs humaines qui nous permettent de vivre ensemble en bonne harmonie et de contribuer personnellement à la paix.

Les attentes pour une vie meilleure.

« Mon bonheur croît en proportion directe de mon acceptation et inversement proportionnelle à mes attentes. »

Michael J. Fox

Parfois, la vie quotidienne fait en sorte que nos attentes de vie prennent une orientation qui nous éloigne de notre idéal de bonheur. Il est donc utile de questionner la pertinence de celles-ci. Cela afin de définir notre propre destin, plutôt que de laisser notre passé ou la société le faire à notre place.

Il est demandé à chacun de nous cultiver la paix autour de lui, dans son lieu de travail, à la maison, partout là où il passe.

Aussi d’être à l’écoute des autres, les respecter et prendre en compte leurs avis et les implications à la prise de décisions au niveau local.

Tous ces éléments renforcent la bonne moralité de chacune et sèment la tranquillité dans nos cœurs, et sont les éléments essentiels de vivre ensemble, la cohabitation pacifique et la paix nationale.


Tchad : L’adoption de l’État unitaire décentralisé par les plénières de la sous-commission du thématique n°2 du DNIS.

La question de la gouvernance est éminemment complexe. Nous devons véritablement la disséquer pour mieux appréhender toutes ses intrications. En ce moment de dialogue national inclusif et souverain, des discussions fructueuses entre les compatriotes tchadiens se sont eu lieu dans la capitale débattant sur le thématique de la réforme de l’État. Pour les uns depuis l’indépendance le Tchad est dans un système d’État unitaire qui a tant mis en mal la population et que nous devons adopter une nouvelle méthode de gouvernance.

Pour les uns depuis l’indépendance le Tchad est dans un système d’État unitaire qui a tant mis en mal la population et que nous devons adopter une nouvelle méthode de gouvernance. Ils se voient méfiants vis-à-vis de l’ancien système de l’État unitaire décentralisé. Pour eux, c’est ce système de l’État unitaire qui avait profité à quelques-uns et laisse sur la touche le plus grand nombre dans la misère et le sous-développement de certaines régions. C’est pourquoi ils jugent utiles que le Tchad doit basculer au fédéralisme pour sauver son économie nationale, l’injustice sociale et le sous-développement.

Mais cette idée du fédéralisme semble moins épouser par les participants au dialogue national inclusif et souverain. Selon les résolutions de la commission thématique numéro 2 La Constitution, la forme de l’Etat, les réformes institutionnelles et le processus électoral, la décentralisation était choisi de nouveau par la majorité de participants et sera comme le modèle à suivre.

La décentralisation constitue donc un élément important du développement de la démocratie, comme il ressort par exemple de la Charte européenne de l’autonomie locale adoptée par le Conseil de l’Europe en 1985. Cette Charte met en relief plusieurs principes de base pour la décentralisation des fonctions et des financements publics, notamment les suivants:

Par autonomie locale, on entend le droit et la capacité effective pour les collectivités locales de et de gérer, dans le cadre de la loi, sous leur propre responsabilité et au profit de leurs populations, une part importante des affaires publiques.

L’exercice des responsabilités publiques doit, de façon générale, incomber, de préférence, aux autorités les plus proches des citoyens.

Les collectivités locales ont droit, dans le cadre de la politique économique nationale, à des ressources propres suffisantes dont elles peuvent disposer librement dans l’exercice de leurs compétences.

Une partie au moins des ressources financières des collectivités locales doit provenir de redevances et d’impôts locaux dont elles ont le pouvoir de fixer le taux, dans les limites de la loi.

En conclusion, le problème auquel se heurte le Tchad est que l’État central n’avait pas au départ un niveau des services adéquat et uniforme dans l’ensemble du pays. Ceci a donné un déséquilibre territoirial affaiblissant la politique démocratique dont le grand nombre de collectivités territoriales décentralisées semblent délaisser par les autorités compétentes de l’État et la décentralisation n’est pas totalement effective dans son application. Mais les hautes autorités de l’État seront-ils prêts à prendre de leurs responsabilités en appliquant l’intégralité de la décentralisation sur l’ensemble du territoire national ?


Parfait Djimnadé, un jeune tchadien pionnier de l’agrobusiness

J’ai rencontré un jeune tchadien qui me fascine à travers son travail de la terre et son intelligence à transformer les idées. Djimnadé Parfait est un coach en développement professionnel et en leadership et consultant indépendant en management et stratégie d’entreprises.

Je lai connu il y a quatre ans sur les réseaux sociaux notamment Facebook. Aujourd’hui j’aimerais partager avec vous son parcours professionnel et nous allons aussi découvrir comment il s’est résolu à se frayer un chemin après avoir perdu son boulot de technicien mécanicien pour devenir entrepreneur.

Crédit : Parfait Djimnadé, Coach en développement professionnel et en leadership et consultant indépendant en management et stratégie d’entreprises.

1. Bonjour coach Parfait, pouvez-vous vous présenter à mes lecteurs ?

Bonjour tout le monde, je suis ravi de l’opportunité que vous m’accordez. Je m’appelle Djimnadé Parfait, connu sous le pseudo coach Parfait. Je suis ingénieur mécanicien à la base, diplômé de l’Institut polytechnique de Mongo/Guera. À la sortie de l’Institut, j’ai été embauché comme technicien à la société nationale de ciment. Mais trois ans plus tard, j’ai du perdu mon boulot. Entant que délégué du personnel, j’ai été licencié avec 5 autres collègues mais il faut noter que pendant que j’y étais, je pensais à me reconvertir parce que le milieu industriel et surtout au niveau de la SONACIM( Société Nationale du Ciment) ne me plaisait pas beaucoup.

Il n’y a pas de valeur accordée aux techniciens pour ne pas dire les ingénieurs. Je ne pouvais pas me reconvertir parce qu’abandonner le boulot c’est un contexte que vous vous connaissez. Ensuite, j’ai dû utiliser mon salaire pour une formation en ligne sur laquelle j’ai pu choisir une filière qui me va. Parce que je veux me reconvertir et devenir un entrepreneur. C’est au niveau de l’Institut International d’ingénierie de l’eau et de l’environnement 2IE que j’ai opté pour le management des entreprises des organisations. Et c’est qui m’a attiré là-bas, le module entreprenariat englobant à peu près quatre modules dont l’entrepreneuriat (comment passer de l’idée à l’entreprise, le montage de projet, business plan, l’étude des marchés et la législation de travail). Alors, c’est déjà complet pour celui qui veut entreprendre. En effet, juste après mon master 1, j’ai effectivement perdu mon boulot et cela ne m’a pas permis de continuer au master 2.

Pendant que j’étais embauché, j’ai lancé le procédure de création de mon entreprise tout en identifiant le secteur d’activité sur laquelle nous menons nos activités, j’ai choisi le secteur agricole parce que j’ai trouvé par une simple analyse, que le secteur primaire a plus de débouchés que d’autres secteurs et moins aussi contraignant. Parce que quand tu produits, tu peux vendre tes produits à tout moment à n’importe qui. Par contre, dans d’autres secteurs il n’y a pas cette opportunité d’accès au marché. Alors, pour éviter tous ces tracasseries j’ai préféré d’investir dans le secteur primaire qui est la production agricole. Pour ce faire, je me suis associé avec mon frère aîné qui est aussi ingénieur agronome diplômé de l’Institut des Sciences agronomiques de Sarh, et voilà on s’est échangé, mon grand qui est encore au chômage a accepté de se mettre avec moi pour qu’on cocrée notre toute première entreprise agricole, une société à responsabilité limitée SARL avec un capital de 1 millions de FCFA.

Toute l’économie qui me restait est le million que je mets sur la table puis j’ai partagé en deux, dont cinq cents milles chacun. De ce fait, nous sommes associés à part égale sous entendu mon frère aîné m’a prêté cinq cents milles pour que ça devienne sa part dans la société. Et plus tard, il m’a remboursé cette somme là. Voilà à peu près comment je suis entré dans l’agrobusiness. C’est juste parce que le secteur est porteur et c’est un secteur d’avenir.

2. Comment avez-vous eu l’idée de l’entreprenariat agricole ? Nous savons que vous avez un diplôme en génie mécanique de l’Institut polytechnique Mongo. Pourriez-vous nous présenter votre entreprise ?

En ce qui concerne mon entreprise, elle s’appelle ENTRAG entreprise des travaux agricoles SARL. C’est-à-dire une entreprise à responsabilité limitée avec deux associés à part égale, créée le 12 mars 2015. Et comme je le disais c’est aussi le 12 mars 2015 que ma lettre de licenciement a été signée. Cependant, chaque 12 mars, je célèbre deux évènements : mon départ de l’industrie et mon entrée dans le milieu des affaires. À la base, nous avons trois activités principales : la production agricole.

Nous nous sommes dits avec la production agricole qu’on ne pouvait pas atteindre véritablement nos objectifs qui sont entre autres de gain de beaucoup d’argent et de créer aussi beaucoup d’emplois. Avec le système pluvial, nous avions assez de difficultés donc nous avons dû associer d’autres services annexes qui sont les formations, le conseil, l’assistance technique aux petits producteurs de capacité de production allant de 0,5 à 2 hectares. C’est ceux-là qu’on appelle petit producteur. Et ensuite, le suivi et réalisation des champs de particulier. En outre, nous avons aussi développé des activités de l’élevage des petits ruminants et des volailles. Dès 2019 à nos jours ENTRAG appuie, crée et mis sur pied ce qu’on appelle l’incubateur Agrobusiness Tchad.

Ce dernier est un incubateur spécialisé dans l’accompagnement des jeunes porteurs de création d’entreprise agricole. Là, nous offrons donc les formations, le coaching, le mentoring et l’accompagnement allant de 3 à 9 mois pour permettre aux jeunes d’avoir le BAB dans le domaine technique mais aussi les outils pour réussir entant qu’entrepreneur sinon pour réussir dans les affaires surtout agricole.

3. Quelles sont les attentes du public par rapport aux produits et services que vous offrez?

Les attentes du public, vous savez les tchadiens du Nord comme Sud gèrent les deux activités principales au temps jadis. C’est-à-dire le Nord où l’on pratique l’élevage, le Sud c’est l’agriculture. Le Tchadien ne croit pas qu’il est normal sinon nécessaire pour ne pas dire urgent de solliciter un service, une expertise dans le domaine de l’élevage ou de la production agricole. Alors il pense qu’il avait grandi dans ça et il peut le faire facilement. C’est pourquoi, au début, nos services n’ont pas été adopté par la population.

Nous avons une production agricole basique notamment de riz, du sésame blanc, de l’arachide et du mil sorgho. À la base, nous avons démarré nos activités avec trois hectares et aujourd’hui nous sommes à une capacité de production agricole de plus vingt hectares avec une ferme installée sur trois hectares que nous appelons un village avec des quartiers d’où le quartier de petits ruminants, le quartier de volailles, le quartier de porc, le quartier de maraîchage et enfin le quartier de tubercules.

Vous voyez, en termes de production nous n’avons pas de souci mais en termes de service offert on n’atteint pas vraiment l’attente de la population. C’est à partir de là que nous est venu l’idée de proposer le service de suivi et réalisation des champs de particulier. C’est quoi ? Tu viens, tu passes à N’Djaména, on te propose ce service mais tu dois le faire à Moundou parce que là-bas se trouve notre siège. Nous on te fait en devis de production avec de promesse de rendement. Par exemple si on veut te produire sur un hectare de l’arachide alors on te dit que tu vas avoir une tonne de graine d’arachide à la récolte mais au cas où nous n’atteignons pas ce résultat, on te compense. Et toi tu attends à la fin de la récolte dix sacs de graine d’arachide avec nous. Donc, ça c’était vraiment le problème et cela a coïncidé avec l’attente de la population cible. Parce que beaucoup de gens en ville veulent investir chez eux mais pour faire du business avec les parents ça n’a pas toujours marché.

Dans la plupart des cas, les parents prennent l’argent mais au final ne font rien à la personne. C’est pour cette raison que nous avons proposé cette offre et ça pris vraiment. Je m’en souviens très bien en 2018, nous avons pu produire 107 hectares dont 15 hectares étaient les nôtres et le reste était exclusivement dédiés aux clients. Ça au moins, nous l’avons réussi. Mais actuellement, on peut dire que tous nos offres vont avec l’attente de la population.

À cet effet, la population se rend compte que ce que nous avons dû hériter de nos parents est totalement différent de ce qu’on peut faire aujourd’hui sinon de l’agrobusiness parce que nos parents étaient dans la production de subsistance mais pas dans la notion de business. Alors pas de calcul, pas de compte d’exploitation agricole. Les gens finissent par se rendre compte aujourd’hui qu’on est submergé par la demande. Ils passent tous les jours au bureau pour prendre des conseils ou souscrire à une formation. Des gens qui viennent à titre individuel pour payer une formation de 2, 3 ou 4 semaines selon, en tout cas leur budget. En 2015 notre bureau est à Moundou mais aujourd’hui nous avons un grand bureau à N’Djaména qui nous permet de travailler et on travaille 12 mois sur 12 tant en terme de formation, conseil, accompagnement en techniques de production dans notre ferme bien équipée avec une source indépendante, une source solaire avec un système d’irrigation goûte à goûte. C’est vraiment de la production continue 12 mois sur 12.

4. Quels sont les difficultés que vous rencontrez ?

Parlant des difficultés que nous rencontrons, au début nos offres de services n’étaient pas en face avec l’attente de la cible. Celui-ci n’était pas vraiment en mesure de payer un service et ne connaissait pas l’importance de ce service.

Ce n’est qu’en 2017 que nous avons obtenu notre tout premier petit contrat de prestation avec le Centre de Recherche d’innovation et de production technologique (CRIPT), le centre de l’actuel Ministre de l’Énergie et du Pétrole. C’était un petit marché qui nous a permis d’installer une ferme sur 1,5 hectares avec un système d’irrigation goûte à goûte. C’était notre premier contrat mais ça vraiment réussi. Cela nous a rendu très fier.

La question d’être en face avec le besoin de la cible était l’un de tous premiers soucis que nous avons eu parce que moi quand j’avais pas de difficulté, j’ai beaucoup plus envie d’éviter les côtés finances mais je ne peux pas l’éviter aussi, nous avons assez de soucis de finance. C’est-à-dire on avait un faible capital de démarrage. Démarrer une entreprise avec un fond d’un million où nous avons retiré trois cents milles pour formaliser l’entreprise, ensuite une partie est partie dans l’achat d’une moto d’occasion pour faciliter le déplacement, il ne reste que cinq cents milles pour démarrer la production. Alors, tu vois, lancer une entreprise avec un capital d’un million et avec de volet production pour nourrir deux personnes qui ont chacun une famille ça constitue vraiment des difficultés. Dès lors qu’on file la production, on va croiser le bras pour atteindre la récolte.

On ne peut pas développer d’autres activités parce que nous n’avons pas les moyens de le faire. Parce que la cible ne comprends pas aussi les offres que lui proposons. Nous, nous avons tenu le coup et rapidement nous avons gagné les compétitions offertes aux idées innovantes portées par les jeunes.

La toute première compétition que nous avions gagné en novembre 2015 est la compétition organisé par Africa consulting dénommé Tchad Talents où nous avons gagné un million. En 2017, nous avons gagné aussi le prix de la Fondation Tony Elumulu. Ensuite en 2019, nous avons gagné le prix de l’innovation numérique. C’est le grand prix que nous avions gagné environ de neuf millions et c’est une subvention MachaAllah.

Tout ceux-ci nous ont permis de pallier aux difficultés financières. Mais nous rencontrons aussi des difficulté d’ordre technique sinon logistique en terme de matériels. À vrai dire, c’est difficile au Tchad d’avoir certains matériaux par exemple pour implanter une ferme à un système d’irrigation goûte à goûte ça prend à peu près deux millions de FCFA. À cause de la cherté des matériels, il fallait le faire revenir de Douala/ Cameroun suivant tous les démarches et ça nous revenait un peu cher. Jusqu’à aujourd’hui, accéder à certains matériels ou équipements agricoles dans ce pays, ça cause vraiment un problème pour ceux qui sont dans la transformation agroalimentaire. Et nous aussi nous avons envie de basculer là-bas en créant un petit atelier de transformation agroalimentaire. Là, on est entrain de chercher par comment pourrions nous faire venir quelques, deux ou trois équipements ? Pour finir les difficultés d’accès au financement ou sous-financement au Tchad n’en parlons pas hors mis les compétitions des jeunes existantes sinon nous avons essayé partout pour un appui au niveau de certains structures comme ONAPE, COFEJS, le fond de l’entrepreneuriat jeunes de 30 milliards de francs CFA qui a été mis par le feu Maréchal Idriss Déby Itno pour pallier sinon pour soutenir les entreprises qui sont victimes des causes secondaires de Covid-19.

Malheureusement, c’est une centaine de jeunes qui en ont bénéficié sous de procédure peu clair. Donc, l’accès au financement rencontre d’énormes difficultés et aujourd’hui notre dernier souci est l’accès au marché. Tu ne pourras jamais accéder au marché au Tchad tant que tu n’as pas mis sur la table le 10 % et parfois la collecte de 10 % se fait bien avant l’avis de l’appel d’offre du marché sort. L’accès au marché est un véritable souci mais on tient le coup.

5. Vos derniers mots à l’endroit de la jeunesse ?

Mon dernier mot c’est d’abord de vous remercier pour l’occasion de me permettre de parler de mon entreprise. Ensuite c’est que je pourrais dire aux jeunes d’avoir beaucoup de courage de démarrer quelques choses. Vous pouvez le faire si vous décidez fermement de le faire. Chaque époque a son histoire et chaque génération a son histoire. Nous, notre histoire est difficile parce que nous n’avons pas la personne vers qui se tourner pour avoir un conseil ou accompagnement mais aujourd’hui les jeunes ont une autre histoire, ils peuvent s’approcher de beaucoup de gens pour se faire former ou accompagner pour recadrer leurs idées de projets et en même temps les appuyer techniquement.

Alors il est nécessaire de faire le premier pas, commencer de faire des formations pour de couvrir les notions de base sur l’entrepreneuriat parce que ce n’est pas forcément inné. Et après trouver une idée de projet pour lancer votre entreprise tout en recherchant aussi des encadreurs ou accompagnateurs puis aller à la recherche de levé de fonds. D’ailleurs ce qui différencie un entrepreneur d’un demandeur d’emploi. Ce dernier vient dire donner moi de l’emploi. Par contre, l’entrepreneur met sur la table un service à t’offrir et si tu acceptes alors tu dois en-partie payer ce service. On a tendance aujourd’hui d’ouvrir facilement la porte à un entrepreneur qu’à un demandeur d’emploi. Peu importe le secteur dans lequel vous avez partie, au niveau national presque tout est vide. Que ce soit dans l’énergie, l’agriculture, éducation, la santé ou le numérique vous n’avez pas assez de concurrents et la méthode si vous en avez, vous allez vous démarquer des autres.

Pour terminer je dirai tout simplement que ce que je n’ai pas pu le faire hier, je peux le faire aujourd’hui et ce que je n’ai pas pu faire aujourd’hui, je pourrais le faire demain.